LA DICTATURE DE LA BEAUTE

Rio de Janeiro et Beyrouth ont trouvé leur maître, Séoul est devenue aujourd’hui la Mecque de la chirurgie esthétique. En Corée du sud, près d’une femme sur trois est déjà passée sur le billard. Cette pratique est aujourd’hui devenue la norme dans un pays qui affiche des stars uniformisées, au visage de poupée. A l’origine de ce phénomène : la déferlante «Hallyu», dont fait partie la K-Pop. Les fans coréens, et plus largement asiatiques, fascinés par leurs idoles, les prennent pour modèles et se transforment à leur image. L’opération la plus demandée est le débridage des yeux, autrement appelée « la double paupière », pour agrandir le regard, dans un pays fortement ancré dans la culture occidentale. Viennent ensuite la rhinoplastie et le rabotage des mâchoires.

La Corée du sud vit sous la dictature de l’esthétique, le physique est devenu le motif numéro un de la discrimination à l’embauche, et l’apparence, l’unique valeur en matière d’ascension sociale. Sur le plan privé également, il faut être zéro défaut, les jeunes femmes coréennes doivent souvent se faire opérer pour trouver un mari, et les parents paient à leur progéniture ces opérations comme un passeport pour l’avenir, de la même façon qu’ils leur paient des études. Enquête sur le nouvel eldorado du bistouri.